Le Contraste et la Lisibilité, discussion sur deux notions de base de la théorie de la peinture.

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LitrikTournevis
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Le Contraste et la Lisibilité, discussion sur deux notions de base de la théorie de la peinture.

#1 Message par LitrikTournevis »

Salutation tout le monde !

La peinture sur figurine est un art très particulier, en cela qu'il est un art visuel mais qui se base principalement sur la coloration.
La pratique ne demande pas particulièrement d'être bon en dessin, sauf cas exceptionnels comme lors d'un free-hand sur une bannière.
De fait, nous n'avons pas à nous intéresser à des notions comme les proportions, ou la perspective.
Mais le fait que nous devons mettre en valeur des formes, à des échelles très réduites qui plus est, nous oblige à comprendre la théorie autour de ces deux concepts centraux que sont le Contraste, et la Lisibilité.

Pour qu'une figurine ai l'air plus attrayante, c'est là qu'intervient :


La Lisibilité

La lisibilité d'une figurine ça peut paraître abstrait comme concept mais en fait c'est très simple :
C'est le niveau d'effort qu'on doit fournir pour distinguer les détails les uns des autres sur une figurine.

En gros, si la figurine n'a pas beaucoup de jeu sur la lumière et utilise des teintes ternes assez similaires, le spectateur va plisser les yeux pour voir les détails, discerner les éléments les uns des autres ou tenter de comprendre ce que sont sensés être les objets sur la figurine. Ça va fatiguer l'œil.

A une petite échelle, l'œil se fatigue d'autant plus vite !
Regardez une image de bonne taille, vous verrez les détails assez facilement.
Réduisez là à un quart de sa taille initiale, c'est tout de suite beaucoup plus dur.
Plisser les yeux pour repérer les détails important sur une figurine n'est pas agréable.
Mais pas de panique, il y a des techniques pour augmenter artificiellement la lisibilité à petite échelle.


Améliorer la Lisibilité

Une figurine dont les volumes sont traités de manière basique, avec juste un aplat et sans technique pour marquer les formes (comme les arrêtes d'une armure par exemple) aura l'air assez fade et l'œil mettre du temps à comprendre comment s'agencent les formes entres-elles.
Pour ça il y a plusieurs astuces. Souligner les zones de couleur différentes, le "Panel Lining" et le surlignage les arrêtes.

Jouer avec la saturation des couleurs

La saturation des couleurs, c'est leur "niveau d'impact" sur l'œil humain, en quelque sorte.

Toutes les couleurs ont un niveau différent de saturation.
Un jaune fluo a un maximum de saturation. Le rouge est également très visible. De même que pour certaines nuances de vert ou de bleu.
Une couleur neutre plus terne, comme le beige ou le brun, ou un les couleurs pastel, ou délavées accrochent moins l'oeil.

Le regard se porte toujours naturellement en premier sur les zones les plus saturées, les plus impactantes.
Pour avoir une figurine lisible, avoir une figurine qui a le même niveau de saturation partout va juste fatiguer l'œil très vite.
Soit la rétine sera saturée d'informations à cause d'une saturation trop élevée partout,
Soit le regard ne se posera nul-part spontanément car les teintes ternes manquent d'accroche visuelle

Sur une figurine, il est parfaitement acceptable d'estimer que des détails sont plus importants que d'autre.
Pour ne pas fatiguer l'œil, favoriser des éléments en leur donnant des teintes saturées et en mettre d'autres "en sourdine" en les peignant dans des teintes plus ternes.
Par exemple, si vous aves un orks avec une très jolie peau verte très voyante, habillez le de manière sobre avec des teintes neutres.
Si votre orks a une peau assez pastelle ou kaki, donnez lui des vêtements flamboyants !

Souligner les différentes couleurs pour les différentier facilement

Souligner les zones de couleur, c'est assez simple. Après avoir peint la figurine, passer une fine ligne noire ou très sombre entre les différents éléments aide à les différencier.
Les zones dans ce cas, c'est par exemple la délimitation entre un pantalon et une armure, entre la peau et les vêtements. C'est une méthode, pas forcément réaliste mais très graphique, qui comme si la figurine était un dessin de BD.
Il faut sur le trait noir soit très fin, pas besoin de le faire épais, le simple fait qu'il soit là délimitera instantanément les zones en une fraction de seconde.
On appelle ça ne soulignage, car comme on met en valeur un texte avec une ligne noire en dessous, on souligne les zones en les délimitant.

Le Panel Lining

Ou délimitation de plaques, en bon français.
La méthode est assez similaire à la précédente, mais plutôt que de faire une ligne noire pour délimiter des zones de couleur différentes, il s'agit ici de démarquer des éléments pouvant être de même couleur, typiquement les différentes parties d'une armure ou plaques composant la surface d'une machine.
Le raisonnement est le même, passer à l'aide d'un pinceau fin une ligne noire dans les creux entre chaque éléments, non pas pour séparer des couleurs mais pour distinguer le détail de la sculpture.

Le Surlignage des arrêtes

Le surlignage, c'est l'INVERSE du soulignage. Le Soulignage va venir mettre du sombre entre les zones, le Surlignage c'est mettre en valeur les volumes les plus proéminents de la figurine en éclaircissant toutes les arrêtes nettes avec une couleur claire. Le fil de la lame d'une épée, les bords d'une épaulette ou de la visière d'un képi, par exemple.
Grace à cette technique, le cerveau du spectateur aura nettement plus de facilité à distinguer les éléments en 3D, qui ressortent sur les zones plus plates.
La technique est également appelée "l'éclaircissement intensif", car il vient marquer l'intensité des volumes.
Cette technique ne simule en général pas un éclairage naturel et réaliste, mais cumulée à l'une des deux techniques précédente, à l'avantage de bien souligner les reliefs et les volumes des figurines et leur donne une meilleure lisibilité.

Voici un Space Marine, sur lequel on a utilisé un Panel Lining et un surlignage des arrêtes.
On constate bien comme la combinaison des deux techniques simple délimite parfaitement les volumes.
(Source de l'image, le blog 50 Nuances de Violet de l'ami Minus)
Image


Le Contraste

Voila le gros morceau !
On entre ici dans la théorie des couleurs. Gérer les contrastes, c'est le meilleur moyen pour avoir une lisibilité tip-top.

Il y a deux types de contrastes : le contraste lumineux, et le contraste des couleurs.

Le Contraste Lumineux

Le premier, tout le monde le comprend instinctivement, c'est le contraste lumineux.
En gros, plus il y a une différence de luminosité entre les ombres et les zones éclairés, plus les détails sont lisibles.
On avait déjà vu un concept approchant plus haut avec le soulignage et le surlignage, mais ces techniques ne visent pas forcément le réalisme, seulement le fait de bien délimiter les volumes.
En travaillant le contraste lumineux, on vise plutôt le réalisme en marquant la lumière telle qu'elle se marquerait naturellement si la figurine était à taille humaine.
Sur un modèle à grande échelle, les teintes sont naturellement marquées par les ombres, car le soleil ou l'éclairage artificielle ambiant impacte bien les surfaces.
Mais sur des modèles plus petits, les détails sont trop minuscule pour que la lumière impacte vraiment les surfaces et tout à toujours l'air plat.

Il faut donc tricher. Faire les zones d'ombre artificiellement plus sombres et les zones éclairées artificiellement plus claires.
C'est là qu'intervienne les techniques de peintures basiques qu'on apprends en premier lorsqu'on commence la peinture sur figurine, le brossage, le lavis...
Mais aussi les méthodes plus avancées, les glacis, les dégradés "dans le frais", les éclaircissements zénithaux à la bombe ou à l'aérographe...
Toutes ces techniques servent en fait en premier lieu et le plus souvent à améliorer la lisibilité par le prisme du réalisme.

Mais il y a une autre utilité au contraste lumineux !

Tout simplement le fait qu'une couleur claire, tranche mieux sur une couleur foncée.
On ne parle plus du tout ici de lumière réaliste, mais plutôt de stratégie de choix de teintes pour délimiter les éléments d'une figurine.
Par exemple, un garde impérial ayant un schéma de couleur intégralement orange peut être très fatiguant à l'œil.
Mais il est possible de faire, par exemple, l'uniforme en orange foncé tirant vert le rouge/brun, et l'armure dans un orange très clair, tirant quasi sur le jaune.
La lisibilité de la figurine se fera dans ce cas par la différence de clarté entre les différents éléments.

Le Contraste des Couleurs

Le deuxième contraste c'est le contraste des couleurs. Pour le percevoir, il faut regarder le Cercle des Couleurs.

Image

Plus deux couleurs sont éloignées l'une de l'autre sur le cercle des couleurs, plus elles tranchent visuellement.
Les couleurs qui tranchent le plus entre elles, étant celles qui sont les plus opposées, le cercle ayant sur une de ses moitiés les couleurs chaudes, et de l'autre les couleurs froides.
Utiliser cette astuce pour créer des schéma de couleurs impactant et efficace au premier coup d'œil du spectateur est une méthode très très populaire.

Pour mettre en avant des détails particuliers, un schéma de couleur orange et rouge, n'est pas très impactant au premier abord. Les deux couleurs se ressemblant énormément.
Pour ce schéma de couleur, il sera plutôt malin de chercher de la lisibilité dans la lumière, ou bien utiliser un rouge très flamboyant et un orange si terne qu'il est à la limite du brun.
Mais si le schéma est orange et turquoise, deux opposé sur la roue des couleurs, ça tranche beaucoup plus et la lisibilité sera plus facile à gérer.

L'astuce de la triade magique

Cette astuce est très pratique lorsque vient le moment de choisir un schéma de couleur qu'on veut le plus impactant et efficace possible.
Elle consiste a choisir trois couleur pour son schéma. Il y a deux manière de faire une triade magique.

Soit trois couleurs qui forment un triangle équilatéral sur le cercle des couleurs pour parvenir à un équilibre parfait.

Exemple : Jaune orangé, Turquoise et Mauve. Les trois couleurs font un triangle sur le cercle des couleurs et sont toutes assez éloignées des deux autres pour bien se démarquer, mais assez proches pour ne pas faire un contraste TROP violent.

Soit deux couleurs proches, et une troisième couleur qui est à l'opposé des deux première pour avoir un contraste de couleur puissant.
L'idée, c'est d'avoir une des deux couleur proche comme couleur principale pour la figurine.
L'autre couleur proche, sera une couleur complémentaire secondaire, pour les éléments que le peintre choisi de ne pas mettre en avant sans pour autant qu'il ne tranchent de trop.
Et la troisième couleur, la couleur contrastante, qui est réservée pour quelques petits éléments de la figurine sur lesquels il est important que le regard se porte en premier.

Exemple : Un vert foncé, un vert pastel assez proche sur la roue, et un rouge feu pour contraster.
Un Eldar avec une armure d'un vert foncé (couleur principale) et aux tissus vert pâle (couleur secondaire) qui a les optiques de son casque et la lame de son épée en rouge flamboyant

Mélanger les techniques

Vous remarquerez que dans le cas de l'Eldar juste au dessus, on mélange le contraste lumineux et le contraste de couleur pour créer le schéma.
Mais tous les mélanges de techniques sont possibles, réfléchissez à tous les aspects et utilisez les techniques qui vous semblent les plus judicieuses en fonction de ce que vous voulez travailler !
Que ce soit au moment de créer le schéma de couleur ou au niveau des techniques à employer.

Pour ma part, je traite tout avec des éclaircissement zénithaux au pinceau, et je fais du surlignage des arrêtes les plus nettes sur quasi toutes mes figurines, même si le surlignage est peu réaliste et contredit un peu les lumières zénithales, mais ça rend quand même assez bien car tous les volumes sont bien délimités. Chacun fait sa popote.

Un Space Marine est très simple à peindre avec juste de Panel Lining et des surlignages, mais les brossages et les lavis ne rendent pas très bien sur les zones plates des armures.
Une figurine plus organique, avec beaucoup moins d'arrêtes sera plus simple à traiter avec des brossages pour marquer la lumière, et le soulignage des différentes parties peut aider si le résultat manque de lisibilité.

Faites des tests, prévoyez des figurines sacrifiables ou faites des mélanges sur une feuille de papier pour tester l'équilibre des couleurs si le schéma de couleur coince.
N'ayez pas peu de vous rater, on trouve rarement LA recette qui convient parfaitement à sob goût du premier coup.


N'hésitez pas à commenter pour donner votre avis, me corriger, ou donner vos propres astuces pour améliorer la lisibilité d'une figurine.
Ensemble, on pourra peut-être créer le guide ultime !
Nonobstant, WAAAGH !
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